dimanche 14 novembre 2021

LA TUNISIE EN PLEINE TEMPETE !

LA TUNISIE LA CRISE !


"ARTICLE 80" DE LA CONSTITUTION
Quand le peuple s'empare du pouvoir

L’Activation de l’article 80 de la Constitution a fait couler beaucoup d’encre et créé de l’agitation partout en Tunisie et même à l'étranger. La peur s’est emparée du pays. Car la suspension du Parlement ce 25 juillet, Fête de la République, a fait craindre le pire. Le retour de la dictature… Mettons les choses au point : La crise actuelle en Tunisie et ses conséquences c'est d'abord une affaire _ interne _ tunisienne. Elle se règle au grand jour et en toute transparence. La Tunisie est un pays souverain.

Soyons clairs. Un tsunami politique et constitutionnel a traversé le pays. La Tunisie est devenue un bateau ivre, sans capitaine à la barre, il tangue et risque à tout moment de couler… Il y a un « danger imminent » qui menace le pays et sa stabilité. La faillite nous guette, l'économie est à l'arrêt, et pour ne rien arranger une pandémie qui dure et qui "tue". Un appel "Au secours" est lancé du fond des villes et des villages tunisiens ! Il faut prendre des décisions. Et vite. C'était nécessaire, car la situation du pays l’exige. Désignons d'abord les coupables. Traduisons-les devant la justice...


L'article 80 (en arabe et en français). Extrait du Destour tunisien.

Le feu couve

C’est un incendie qui s’est déclaré. Pourtant, cela fait dix ans que le feu couve... Tous les signaux étaient au rouge. Il faut l’éteindre à tout prix. Oui, il y avait le feu ! La foule tunisienne l’a senti. Dans sa chair et dans son âme. Elle est sortie dans la rue pour l’exprimer bruyamment, demandant la dissolution du Parlement. Le peuple crie sa colère. Kaïs Saïed l’a compris. Il répond à l'urgence par la suspension du Parlement, et ce, pendant une période d’un mois… On éteint l’incendie, on calme les esprits et on dialogue… Bien sûr, le peuple n’est pas dupe. Il appelle aussi à la poursuite du processus démocratique. Le président, s’il a le soutien du peuple, doit gérer cette crise en respectant la Constitution tunisienne. Même si on a tendance à parler de «passage en force»… C'est le peuple qui écrit la Constitution, à travers ses représentants.

L'article 80 vole au secours du peuple

Sans être politologue ou expert en droit constitutionnel, l'article 80 révèle quelques points "flous". On y lit: ".... après consultation du chef du gouvernement, du président de l'Assemblée..." etc, mais il ne mentionne nulle part, l'exigence de donner un quelconque accord de principe ou autorisation de la part du chef du gouvernement ou du président de l'ARP ! En clair, le chef de l'Etat n'est pas tenu d'attendre le feu vert pour agir ! Des consultations et des rencontres ont eu lieu régulièrement entre le chef de l'Etat Kaïs Saïed, Ghannouchi et Michichi. Tous les sujets ont été abordés, surtout dans le contexte explosif de ces derniers jours ! Ainsi, ce qui semblait être au départ un coup d'Etat constitutionnel, s'avère juste une interprétation juridique. Même si elle indispose les légalistes. Le président, en étant sur la même ligne d'exigence du peuple, brandit l'article 80. Et, dans une longue allocution télévisuelle, l'active à la face du monde.

Un pays en ébullition

Pour rappel, le contexte exigeait une prise de décision à la hauteur de la situation gravissime du pays. La République est en colère. La situation catastrophique _ politiquement, économiquement, sanitairement… _ du pays l’exige. Il faut sauver la Tunisie. Le pays s’enfonce de plus en plus et l'on assiste régulièrement à des « combats de coq » à l'Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) du Bardo, à Tunis. Des députés excités se donnent en spectacle, lançant des "noms d'oiseaux" à la partie d'en face... créant une ambiance malsaine, ce qui a eu pour effet d’exaspérer les Tunisiens… Le pays était à l’arrêt. Ce 25 juillet 2021 a agi comme un électrochoc.

Maintenant, au travail. Appliquons le plan Marshall... pour reconstruire le pays et remettre l'économie sur les bons rails. Tous ensemble, Tunisiens, Tunisiennes, hommes d'affaires, politiques, médias (radio et TV), artistes, agriculteurs, commerçants...

La Tunisie trois fois millénaire, attaquera un nouveau cycle dans la peau du vainqueur, celui qui ose et qui gagne... Que les ennemis de la Tunisie sachent que nos couteaux sont tranchants.

Le miracle tunisien

L’après 25 juillet 2021 donne des signes d’encouragement. Il ouvre un nouveau chapitre d’optimisme qui incite à l’effort et au sacrifice. La machine judiciaire s’est sérieusement mise en route. Elle cible les fautifs et frappe fort. Des chefs tombent de leur piédestal. Des têtes tombent. Les murs de l’ARP - Assemblée des Représentants du Peuple - tremblent. Certains députés impliqués dans des affaires louches de corruptions ou de blocage de la marche du Parlement sont visés par le glaive de la justice ! La liste s’allonge de jour en jour. Plus on creuse, plus on découvre des dossiers « cachés »… Côté civil, des hommes d’affaires « véreux » sont débusqués. Ceux-là doivent rendre compte au peuple tunisien et expliquer l’origine de leur fortune, le montage « tentaculaire » de leurs portefeuilles. Il était temps… D’où provient votre fortune ? Je ne m’aventure pas (pas encore) sur les relations malsaines et le trafic d’argent qui lient certains hommes politiques avec des pays étrangers ! Une trahison ! La Tunisie n’est pas à vendre ! Ce peuple qui a ébloui le monde entier ce mois de janvier 2011 (l’embrasement a commencé le 17 décembre 2010), en déclenchant sa « révolution du jasmin », en envahissant les villes tunisiennes, au cri de « Liberté, Dignité, Démocratie » et le fameux « Dégage » ne se soumettra jamais. Fier d’être Tunisien !

Maintenant, la balle est dans le camp du président Kaïs Saied. Il est le maître du jeu. Mais attention ! Sous le contrôle du peuple ! Et le mot d’ordre : préparer dans les plus brefs délais (1 mois) de nouvelles élections législatives. Reformer le Parlement et lui redonner vie. C’est le seul chemin que doit suivre la Tunisie. Un pouvoir exécutif et un pouvoir législatif… et un pouvoir judiciaire indépendant. C’est la République démocratique tunisienne dont rêvent tous les Tunisiens. Pas question de mettre tous les pouvoirs entre les mains d’un seul homme… Le peuple ne le supportera pas !


A-Amilcar

N.B. : Cet article a été publié la première fois le 26 juillet 2021. Je le republie à la demande de quelques amis pour une meilleure compréhension de la situation interne du pays (politique, économique et sanitaire)...