jeudi 29 juin 2023

DEUIL A NANTERRE

MORT DE NAHEL

Nanterre a vécu deux journées dramatiques et agitées suite à la mort d’un jeune habitant de la ville, Nahel, 17 ans, tombé sous les balles d’un policier, à la suite d’un contrôle routier.

Il était environ 8.10 du matin ce mardi 27 juin, quand le drame est survenu, dans le secteur Place Mandela. Les vidéos TV et amateurs qui ont circulé sur les réseaux sociaux, montrent la scène du drame sous différents angles. Une scène montre un fonctionnaire de policier pointant son arme sur le conducteur Nahel. Il se tenait sur le côté gauche de la voiture. Ensuite la voiture redémarre brusquement, fait quelques mètres, et s'encastre dans un poteau. Dans une vidéo, on entend distinctement, un coup de feu… La balle atteint Nahel au thorax. L’arrivée des secours et le massage cardiaque ne donnent rien. Le jeune adolescent meurt des suites de ses blessures.

Le policier a parlé de refus d’obtempérer, et de mise en danger d’autrui… L’enquête est en cours. Le fonctionnaire de police a été placé en garde à vue.

Une marche blanche est organisée ce jeudi à 14.00 devant la Préfecture des Hauts-de-Seine à Nanterre.

Nos pensées émues et sincères et notre solidarité s’adressent à la famille et aux proches du jeune Nahel.

Marche blanche

Ils veulent rendre hommage au jeune Nahel, être solidaires avec la famille qui est dans la douleur et l’incompréhension. Ils sont des milliers, voire des dizaines de milliers à avoir répondu à l’appel pour une Marche blanche.

Le cortège s’ébranle de Nanterre (épicentre du drame), pour gagner l’avenue Pablo Picasso, puis envahir toutes les routes jusqu’à la Préfecture de Nanterre. Des slogans et des pancartes ont fleuri partout. Solidarité avec la famille, Justice, et autres messages plus virulents. Les médias parlent de 6000 participants… La suite, malheureusement, fut une confrontation entre des groupes d'émeutiers et les forces de l'ordre. La ville de Nanterre a subi un séisme. La colère de la foule s’est matérialisée par des dégradations diverses… Des incendies par dizaines. Une scène de guerre civile ! La Marche blanche s’est transformée en torche rouge de colère…

Malheureusement, ces actes de violence ont gagné toute la France, et particulièrement Marseille, Lyon et Paris, avec des attaques en règle… Le bilan est lourd. Humain et économique. Jusqu'à quand ?

Appel au calme

Maintenant, il ne s’agit pas de décrire une scène apocalyptique, ajouter de l’huile sur le feu, mais plutôt appeler au calme et à l’apaisement. Les voitures brûlées appartiennent d’abord aux voisins et aux proches, premières victimes de ce déchainement de violence. Des commerces saccagés et pillés. Des mairies, des bibliothèques, des centres de loisirs et des écoles brûlés témoignent d’une colère sourde et aveugle.

Attention à la cocotte-minute !

Ne soyons pas dans les réglements de compte. Ne soyons pas dans la vengeance aveugle. Pensons à demain quand nos enfants retourneront dans leurs écoles respectives. Quelles questions vont-ils poser à leur maîtresse, surtout après avoir regardé en boucle à la télévision et sur les réseaux sociaux les scènes de pillages, les incendies de poubelles et les voitures qui brûlent comme des torches, leurs magasins préférés saccagés et pillés? Et quelle sera la réponse de la maîtresse?

Ne laissons pas à nos enfants une cocotte-minute comme héritage ! Il y va de notre responsabilité à tous.
Prions pour le repos de Nahel. Allah est miséricordieux !
Stoppons la spirale de la violence ! Retour au calme, et place au deuil. Et Nahel reposera en paix !

Le fondement de la démocratie

Chers amis, un rappel des événements s'impose. Après ces nuits agitées, la France se réveille plus fragilisée que jamais. Une fracture béante entre les régions, les villes et les quartiers est en train de se dessiner créant une séparation dangereuse entre les communautés. Le pouvoir, impuissant, semble tâtonner ! Quelles méthodes employer ? Quels dialogues instaurer ? Les pessimistes diront qu’il est trop tard. Que le mal est profond, inguérissable…

J’ai une autre vision du problème. Optimiste celle-là. Faisons un pas l’un vers l’autre. Les forces de l’ordre sont des gens du peuple. Ils ont pour mission de protéger et de maintenir l’ordre dans les quartiers. Les citoyens doivent obéir aux règles de civilités et de vivre ensemble. Il y a des lignes rouges à ne pas dépasser. Il n’est pas interdit de protester et de manifester son mécontentement pour telles ou telles situations ou décisions impopulaires. C’est le fondement de la démocratie. Le peuple aura toujours le dernier mot par le VOTE.

Un crime est commis. La justice est saisie. Laissons-lui le temps du jugement.

Sans faire le professeur d’histoire (que je ne suis pas), il faut remonter à l’Antiquité et la Grèce antique pour comprendre le sens du mot démocratie : « le pouvoir au peuple ». On est environ six siècles avant Jésus-Christ. La démocratie athénienne désigne le régime politique qui va diriger la ville, le pays, l’empire… Il n’est nullement écrit ou signifié qu’il faut mettre sens dessus-dessous la ville pour créer le chaos ou s’emparer du pouvoir. La Rome antique s’est inspirée du modèle grec. Avec succès. Ainsi la démocratie a parcouru un long chemin, traversé des siècles, pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui. L’expression du peuple.

Ce qui s’est passé ces derniers jours, est le contraire de la démocratie. Verser le sang, brûler, saccager, est tout simplement le mauvais chemin qu’il faut à tout prix éviter de prendre. Il mène à l’explosion !
Ne soyons pas irresponsables !

A-Capitaine